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Proner le « mieux consommer » pendant un brunch à volonté

Il est 11h30, on est dimanche, c’est l’heure du brunch dominical. C’est le moment de convivialité par excellence. Avec les amis, quelques rayons de soleil et surtout… un buffet à volonté. Parler consommation maitrisée en se goinfrant, se donner bonne conscience pour pouvoir recommencer. Il n’y a pas quelque chose qui cloche ?

Le brunch entre potes : « on va se faire péter le ventre »

Arrêtons de se mentir, c’est souvent l’objectif de votre brunch du dimanche avec les potes. Que vous vous donniez rendez-vous dans un bistrot branché, un restaurant de quartier ou à la maison, l’excès sera le même : un bon gros brunch de porcasse à s’en faire péter la panse.

L’heure n’est pas à la privation. Des oeufs brouillés, avec du bacon (toujours !), la quiche de Sandrine (parce qu’elle vraiment trop bonne), les gaufres de Jean-Michel (parce qu’il met beaucoup trop de beurre dans sa recette, mais qu’est-ce que c’est bon), et puis un peu de salade de fruits de Thomas (il est relou avec ses fruits mais ça nous permet d’avoir bonne conscience). Manger jusqu’à n’en plus pouvoir, juste par gourmandise, parce que c’est l’unique but de ce repas.

Parmi les sujets de conversation…

C’est clair, la famine dans le monde, les petits enfants qui crèvent de soif, le gaspillage des grandes surfaces… Ce n’est pas le bon moment pour parler de tout ça. Pas le temps pour ce genre de préoccupations, notre estomac n’attend pas. Après tout, on ne peut pas se culpabiliser de toute la misère du monde à chaque instant de notre vie (et ça nous arrange bien).

En revanche, lorsque notre estomac est gavé. On s’enfonce dans son siège, et dans un grand soupir, on lance le débat qui va bien : « alalala… franchement, c’était trop. La prochaine, on fait plus léger car, franchement, je trouve qu’on a plus le choix, il faut que l’on consomme moins et mieux ». Le débat est lancé et chacun y va de son avis : « au moins, on n’a pas acheté en grande surface, j’ai pris le bacon chez le boucher », « j’ai pris que des fruits de saison pour la salade », « moi franchement, je ne fais plus mes courses en grande surface, je vais toujours au marché », « et nous, on ne mange plus tant que ça de viande d’ailleurs »…

Prenez du recul, jugez-vous pendant un instant. Nous sommes pitoyables. Entre être des gros cons voraces, élevés à la sur-consommation, et des citoyens acteurs du changement et en phase avec les bouleversements s’imposent à nous, il va falloir choisir. Choisir et rester cohérent.

La sidération ou l’action

Faut-il forcément choisir ? Être sidéré ou agir ? Culpabiliser ou ignorer ? Essayer ou s’obliger ? Derrière ses lignes où l’aberration, la sidération et l’écoeurement se sont glissées, la place doit surtout être faite à l’action, les initiatives et les tentatives.

Après l’aberration vient la prise de conscience et s’en suivra les actes. La prochaine fois, on repensera deux fois à ce brunch qu’on organise. La prochaine fois, on évitera ses sujets qui nous donnent simplement bonne conscience mais sont dénués d’actions. La prochaine fois, on changera simplement nos habitudes.